Saturday, February 28, 2026
DébatDoc - Les tirailleurs sénégalais, oubliés de l'histoire ?
Durée 1 heure 20 minutes - Disponible du 2 février 2026 au 18 mars 2026
Créé en 1857 par le gouverneur du Sénégal Louis Faidherbe, le corps des tirailleurs sénégalais a participé à la majorité des conflits français du siècle dernier. Composé d'hommes originaires d'Afrique de l'Ouest française, le sacrifice de ces tirailleurs est peu à peu reconnu et enseigné, après avoir été longtemps oublié.
Où en est le travail de mémoire concernant les tirailleurs sénégalais ?
Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit les historiens Jean-Yves Le Naour et Anthony Guyon ainsi que la présidente de l'association pour la mémoire et l'histoire des tirailleurs sénégalais, Aïssata Seck.
Le lien :
DébatDoc - Les tirailleurs sénégalais, oubliés de l'histoire ? | LCP - Assemblée nationale
Les descendants des Tirailleurs oubliés s'engagent pour la vérité historique
L’Association des descendants des Tirailleurs sénégalais oubliés (Adtso) a tenu, le mardi 17 février 2026, à Péthie Makha (Fatick), la deuxième édition des Journées mémorielles africaines des peuples (Jmp). L’objectif est de recenser tous les tirailleurs.
El hadji Fodé SARR (Correspondant) - 19 févr. 2026
FATICK - Honorer les tirailleurs sénégalais oubliés et restituer la vraie histoire. Tel est l’objectif principal de l'Association des descendants des Tirailleurs sénégalais oubliés (Adtso). La structure, dirigée par Blaise Diouf, a bouclé, le mardi 17 février, deux jours d'activités dans le cadre de la deuxième édition des Journées mémorielles africaines des peuples (Jmp). L'évènement s'est tenu à Péthie Makha, un hameau du village de Bacobof, dans la commune de Tattaguine (Fatick). La journée a été l'occasion de battre en brèche les récits falsifiés sur le passé africain, notamment sur ces vaillants soldats qui ont activement participé à la libération de la France lors des deux guerres mondiales. À cette occasion, le président de l’Adtso a rappelé leur ambition de recenser tous les tirailleurs de la zone. L’objectif est de mettre la lumière sur les zones d'ombre de la vie de ces guerriers qui ont pris les armes et dont beaucoup ont été libérés sans aucune rémunération.
Pour M. Diouf, cette initiative permettra de maîtriser la bonne histoire et de la garder précieusement. «Il reste encore des témoins dans la localité. C'est pourquoi nous devons en profiter pour avoir de bonnes informations. Nous avons décidé de sillonner les familles des tirailleurs en faisant des interviews», a-t-il expliqué. À l'en croire, une quarantaine de tirailleurs sont, pour le moment, recensés dans la localité. Alors que les témoignages font état d'au moins 4000 tirailleurs dans le Sine, d'une manière générale.
Le colonel Saliou Ngom, directeur des Archives et du Patrimoine historique des Forces armées, a révélé que les archives relatives au massacre de Thiaroye et remises au Sénégal en 2014 par la France étaient «de faux documents». «Depuis le massacre de Thiaroye, en 1944, la France essaie d'effacer la vraie histoire», s’est-il désolé, appelant à une conscience collective pour faire jaillir la lumière. «Nous sommes à une période charnière où tout Sénégalais ou Africain doit combattre, pour que la vérité historique soit révélée. Cela passe par les fouilles archéologiques. Nous devons écrire pour avoir un narratif sénégalais et africain», a-t-il déclaré.
Le TATA de Chasselay
Une nouvelle note d'Armelle Mabon du 27 février 2026 :
Le Tata sénégalais ou l’imposture mémorielle
Chasselay et autres massacres, une pièce de Eva Doumbia
Coproduction 2024
Avec ce nouveau spectacle, Eva Doumbia poursuit sa trilogie commencée avec Le Iench, accueilli en 2024 au TPM lors de Quartiers d'artistes. Cette fois-ci, elle nous plonge dans la période trouble de la Seconde Guerre, interrogeant ses liens avec la politique coloniale de l’époque et la mémoire collective qui lui a survécu.
Dans un spectacle soigneusement documenté mêlant théâtre et musique, l’autrice et metteuse en scène Eva Doumbia nous raconte l’histoire bouleversante des tirailleurs dits « sénégalais » de 1940. À partir de sa découverte du cimetière de Chasselay et de ses 196 tombes de soldats venus des colonies africaines et tués par l’armée allemande, Eva Doumbia imagine une oeuvre polyphonique où les récits des combattants se mêlent à ceux des villageois·es qui n’avaient alors jamais vu d’hommes noirs de leur vie. En invitant un joueur de kora et un pianiste à se joindre sur scène aux comédien·nes, elle déploie une grande fresque mémorielle qui rend hommage à ces tirailleurs trop souvent invisibilisés.
Cette pièce s'est jouée du 14 au 24 janvier 2026 au Théâtre Public de Montreuil - CDN,
et se jouera
du 19 au 20 mars 2026 au CDN de Normandie, Rouen
du 5 au 7 mai 2026 au Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon
Pour en savoir plus : Dossier de presse
Tuesday, December 23, 2025
Journée spéciale sur l’histoire des « tirailleurs
sénégalais », le 11 novembre sur Alternantes
Publié par Alternantes - Le 30/10/2025
Dans le cadre de la 14ème édition du festival « Casa
Palabres », organisé les 8 et 11 novembre par La Maison de
l’Afrique à Nantes sur le thème « Guerres d’hier et
d’aujourd’hui. Quels impacts sur l’avenir du continent africain ? »,
Alternantes consacre son antenne du 11 novembre à l’histoire des
« tirailleurs sénégalais ».
Le corps, aussi dénommé « La Force noire » par certains
Français, ne sera dissous qu’au début des années 60, celles des Indépendances.
Son histoire sera retracée dans un programme d’archives, de témoignages et
un débat entre historien-nes de premier plan spécialistes de
l’Afrique.
Programme :
- 9h30
: La création de la « Force noire », les modalités du
recrutement, sa place dans les combats en 14-18. Ne furent-ils que de la
« chair à canon » ?
- 10h30
: Participation à la guerre de 39-45, de la défaite de 40 à la Résistance.
Quelques-uns seulement furent faits Compagnons de la Libération ou décorés
de la médaille militaire.
- 12h15
: L’engagement des « tirailleurs sénégalais » dans les guerres
d’indépendance nationale (Indochine, Algérie). Le paradoxe des colonisés.
La dissolution du corps.
- 14h15
: Le massacre de Thiaroye en 1944. Pour des survivants rapatriés au
Sénégal, en attente de leur solde et de leur prime de démobilisation, les
atermoiements des autorités françaises débouchent sur une mutinerie qui
sera matée dans le sang. Thiaroye, quelle mémoire? Quelle réparation ?
- 14h45 : Débat en direct de Cosmopolis. Retransmission de la table ronde réunissant Armelle Mabon, Catherine Coquery-Vidrovitch et Djazoup-Djaze Ngassa, historien.nes de l’Afrique.
Ils étaient tirailleurs… (France 5) - Un documentaire sur les voix oubliées
de la Grande Guerre
Hacène Chouchaoui dim. 26 octobre 2025 à 2:22 PM UTC+1
| Kilaohm productions / ECPAD |
Tous les films sur les soldats coloniaux durant la Première Guerre mondiale racontent la même chose : la découverte par la France de son empire. Dans ce film, la guerre de 1914-1918 est vue et vécue par les soldats et ouvriers de l'Empire colonial. Le regard est en quelque sorte inversé. Pour la première fois, grâce à des archives inédites, enregistrements des voix des prisonniers et lectures de courriers postaux, ce film restitue ce que pensaient réellement ces soldats coloniaux de la guerre, de la France et des Français.
CES GUERRIERS VENUS D’AILLEURS
Ils venaient de Saigon, Dakar, Alger, Tunis, Casablanca,
Tananarive, tous enrôlés dans les tirailleurs coloniaux pour prendre part
à la Grande Guerre. Si on a beaucoup écrit sur ces soldats venus des
quatre coins de l’empire colonial français, on avait rarement entendu
leurs voix.
Ce film leur rend la parole, à partir de leurs
courriers, mais aussi d’enregistrements réalisés par le linguiste et
ethnologue allemand Wilhelm Doegen dans les camps de
prisonniers. Ces hommes découvrent un univers inconnu et des
armes terriblement destructrices. « On s’entraîne au tir, au
lancer de grenades, à creuser des tranchées, à apprivoiser
notre peur des explosions (…). Enfin, on nous a dotés de masques
à gaz. Étonnant ce que les Blancs inventent pour tuer, et c’est
nous que l’on appelle “sauvages” », écrit Bakary
Diallo , berger peul, enrôlé dans les tirailleurs sénégalais
et décédé en 1978.
Ils étaient tirailleurs, voix oubliées de la Grande
Guerre, dimanche 26 octobre à 22h40 sur France 5
«Mémoires des Tirailleurs» : Un podcast à vocation
pédagogique lancé à Dakar
byLequotidien 14
novembre 2025 0
La Maison de l’oralité et du patrimoine «Kër Leyti», avec le
soutien de l’ambassade de France au Sénégal, vient de lancer un podcast à
vocation pédagogique et historique, dans le cadre des efforts visant
l’établissement de la vérité historique sur le massacre de Thiaroye en 1944. A
travers les voix des Tirailleurs sénégalais et de leurs familles, ce podcast de
10 épisodes de 20 minutes chacun, intitulé «Mémoires des Tirailleurs», explore
la transmission intergénérationnelle de la mémoire, en mêlant récit intime et
regards croisés entre le passé et le présent. «Ces Tirailleurs avaient des
rêves de grandeur et de liberté. Et aujourd’hui, on ne sait presque rien d’eux.
Donc, le podcast a une vocation pédagogique, mais aussi scientifique. Il s’agit
ici de faire taire les mensonges autour des Tirailleurs et de générer un récit
nouveau sur leur vie avant d’être Tirailleurs, leur vie dans l’Armée et leur
vie après leur engagement militaire», a déclaré l’initiateur du podcast, le
conteur Massamba Guèye.
Il s’exprimait à l’occasion du lancement officiel, il y a quelques jours, de ce
podcast reparti en dix épisodes en français et dix autres en wolof ou en
pulaar, en présence de quelques anciens combattants et des représentants de la
diplomatie française. Il rappelle que, dans le domaine du patrimoine
immatériel, la transmission orale disparaît avec celui qui possède la mémoire.
D’où, selon lui, l’importance de mettre en avant ces Tirailleurs qui sont
toujours au centre de l’actualité. «Nous avons beaucoup perdu en Afrique
aujourd’hui parce que nous n’avons pas considéré que ces Tirailleurs, au-delà
d’être des sujets de curiosité, sont des gens porteurs de messages», a-t-il
expliqué.
Selon l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, ce podcast reste un
espace de parole, permettant aux Tirailleurs de raconter leur histoire, tout en
livrant leur «vérité et ressenti» de la vie qu’ils ont menée. «C’est aussi un
espace, un acte de reconnaissance pour nous, d’hommage aux Tirailleurs qui ont
risqué leur vie pour la liberté dans le monde, et aussi un acte de transmission
pour que les jeunes générations puissent voir et entendre ce qu’a été cette
histoire des Tirailleurs», a-t-elle ajouté.
«Nous avons assisté à un podcast qui est très important dans le cadre où nous
sommes aujourd’hui, à la recherche de la vérité. Et après l’avoir suivi, je me
suis dit que nous avons peut-être un autre outil qui va nous permettre
d’avancer vers la vérité historique, car nous sommes dans une dynamique de
recherche de cette dernière», a de son côté soutenu le directeur des archives
et du patrimoine historique des armées sénégalaises, colonel Saliou Ngom.
Les tirailleurs sénégalais sont un corps de militaires appartenant aux troupes
coloniales, constitué au sein de l’Empire colonial français en 1857 et dissous
au début des années 1960. Ils se sont battus aux côtés de la France lors des
Première et Seconde guerres mondiales. Le 1er décembre 1944, dans le Camp
militaire de Thiaroye, près de Dakar, l’Armée française avait ouvert le feu sur
des Tirailleurs sénégalais qui réclamaient le versement de leurs soldes. Le
bilan de 35 morts donné par les autorités françaises, estimé à dix fois plus
par des historiens, est l’un des grands points de désaccord entre Paris et les
Etats dont étaient originaires les 1600 soldats démobilisés après avoir
participé à la libération de la France lors de la Seconde Guerre mondiale
L’hommage de Hédi Saïdi à ces «soldats français» venus
d’ailleurs
L’Alliance Française de Bizerte a accueilli, samedi 13
décembre 2025, une rencontre-débat en hommage à l’historien franco-tunisien
Hédi Saïdi, organisée par un groupe d’associations locales. Cet événement,
présidé par Fathi Belkahia, était consacré à l’historien, universitaire et
chercheur et à son ouvrage ‘‘Soldats et immigrés de France’’ (Editions Du
Cygne, Paris, 19 mars 2025), qui ont été présentés par Driss Cherif.
Lotfi Sahli 14
décembre 2025
L’événement a rassemblé un public averti et connaisseur,
composé d’universitaires, de chercheurs et d’intellectuels, dont les questions
pertinentes ont nourri la profondeur des échanges.
Hédi Saidi a écrit ‘‘Soldats et immigrés de France : une
histoire méconnue’’ à partir d’un constat simple mais troublant : une part
essentielle de l’histoire de la France demeure largement ignorée. Il s’agit de
celle des hommes venus d’ailleurs — immigrés, coloniaux, étrangers — qui ont
combattu pour ce pays, souvent sans reconnaissance, parfois sans nom, presque
toujours dans l’ombre. Cet ouvrage est né d’un besoin de mémoire, mais aussi
d’un devoir de justice.
Des trajectoires humaines
Au fil de ses recherches et de ses rencontres, l’auteur a
compris que derrière les grandes dates, les cérémonies et les monuments se
cachent des trajectoires humaines profondément marquantes. Des hommes arrachés
à leur terre, engagés dans des guerres qui n’étaient pas toujours les leurs,
mais qu’ils ont menées avec courage et loyauté. Son objectif n’était pas
d’écrire une histoire militaire classique, mais de raconter ces parcours à
hauteur d’homme, en redonnant une voix à ceux que l’histoire officielle a trop
souvent réduits au silence.
Parmi ces destins, celui d’Abdoulaye N’Diaye occupe une
place particulière. Ancien tirailleur sénégalais, il avait combattu lors des
deux guerres mondiales. Toute sa vie, il a porté l’uniforme français comme un
symbole de dignité et d’engagement. Pourtant, la reconnaissance qu’il méritait
tant s’est fait attendre. Abdoulaye est décédé la veille de la cérémonie
organisée en son honneur. Un consul français devait se rendre sur place pour
lui rendre hommage à l’occasion des festivités du 14 juillet. L’hommage n’a
finalement jamais eu lieu. Cette reconnaissance, annoncée trop tard, n’a pas
franchi le seuil de sa vie. Pour Hédi Saidi, cette histoire résume à elle seule
le paradoxe qu’il entend dénoncer : l’engagement précoce, le sacrifice, puis
l’oubli.
L’engagement, le sacrifice, puis l’oubli
À travers ce livre, l’auteur montre que ces histoires
individuelles ne sont pas des exceptions, mais le reflet d’une réalité plus
large.
Tirailleurs africains, travailleurs Maghrébins, engagés
européens ou soldats venus des anciennes colonies ont tous contribué à l’effort
de guerre français. Beaucoup n’ont obtenu ni la reconnaissance symbolique, ni
l’égalité de traitement qu’ils espéraient. Certains ont attendu des décennies
avant qu’un hommage officiel ne leur soit rendu — lorsqu’il l’a été.
Hédi Saidi a volontairement adopté une écriture accessible
afin que l’ouvrage puisse toucher un large public. Il s’adresse aux citoyens,
aux enseignants, aux élèves, aux familles, à tous ceux qui s’interrogent sur la
mémoire, l’immigration et l’identité française. Ce n’est pas un ouvrage
universitaire au sens strict, mais un livre de transmission.
‘‘Soldats et
immigrés de France’’ se présente ainsi comme un appel : celui de regarder
l’histoire française dans toute sa complexité, de reconnaître ceux qui l’ont
servie sans toujours recevoir les honneurs, et de rappeler que la France s’est
aussi construite grâce à des hommes venus d’ailleurs, dont la mémoire mérite
enfin d’être pleinement reconnue.
Lors du débat, les questions, tantôt pointues sur la
méthodologie historique, tantôt personnelles sur l’expérience migratoire, ont
fusé, permettant à l’historien d’éclairer certains points restés sombres ou
ambigus et d’animer un dialogue enrichissant pour l’auditoire.
L'hommage
de Hédi Saïdi à ces «soldats français» venus d’ailleurs - Kapitalis
"Ce fils du soleil venu mourir sous nos chênes": la mémoire
retrouvée du tirailleur inconnu de La Bussière, dans le Loiret
"Son sang s’est mêlé à la terre de France".
Mais on ne sait presque rien de ce soldat, tirailleur africain, venu combattre
contre l'Allemagne nazie. Sauf sa mort : le 17 juin 1940 à La Bussière, dans le
Loiret. Le village lui rend hommage, huit décennies plus tard.
Par Philippe Cros Publié le 26 octobre 2025 à 12h02
| La délégation de La Bussière a rendu hommage au tirailleur inconnu mort en 1940 dans la commune. © Philippe Cros |
Dans le grand champ d’honneur qu’est la nécropole nationale de Fleury-les-Aubrais, s’alignent les croix latines et les pierres musulmanes. Carré 13, tombe 62, repose le tirailleur inconnu de La Bussière, mort le 17 juin 1940 sur le territoire de la petite commune du Giennois.
Sur la plaque, on lit : "Inconnu. RTS. Mort pour
la France. 17-6-1940"
"Liberté, dignité, fraternité"
"On avait perdu sa trace", lâche Thierry Pellé,
président d’Histoire et patrimoine de La Bussière, au bout d’une cérémonie
humble et émouvante, qui s’est déroulée samedi 25 octobre.
Ceint de son écharpe républicaine, devant un porte-drapeau,
le maire Dominique Geoffrenet a rendu les honneurs au "soldat français
inconnu de race noire", comme il est écrit sur une plaque visible sur le
monument aux morts de la commune :
"Ces hommes ont donné leur vie pour un pays qui ne
les connaissait guère, mais qu’ils ont défendu avec honneur et bravoure, a-t-il
déclaré, avant un dépôt de gerbe. Leur mémoire nous oblige, elle nous
rappelle que la liberté, la dignité et la fraternité n’ont pas de
couleur et que le vivre-ensemble n’a pas de frontières. Nous sommes
reconnaissants et fiers de conserver sa mémoire."
C’est grâce au projet et l’exposition photographiques
Tirailleurs de Loire, portés par l’association Axismundis, que la commune
a pu retrouver son soldat inconnu.
Au sein d'Axismundis, Didier Lauret œuvre avec d’autres à
reconstituer cette histoire, celle des troupes coloniales présentes de Blois à
Gien durant la Seconde Guerre mondiale, depuis les combats de 1940 à la
Libération de 1944. Ce travail a permis de collecter un fonds important de
photographies, présentées dans l’exposition qui s’installera dans la salle polyvalente du village, du
1er au 13 novembre.
On sait peu de choses
D’abord enterré au cimetière de La Bussière, le tirailleur
du 8e Régiment de tirailleurs sénégalais (RTS) a été transféré à la nécropole
de Fleury en 1959. Ici, sont rassemblés 3.540 corps de soldats morts pour
la France lors des deux conflits mondiaux, dont 2.905 pendant la Seconde Guerre
mondiale. Parmi eux, de nombreux tirailleurs africains : des Sénégalais,
Algériens, Tunisiens…
Au milieu des croix, Thierry Pellé a retracé ce que l’on
sait, peu de choses au fond, du tirailleur inconnu.
Comment le soldat s’est-il isolé de son régiment ? Il n’y a que
des hypothèses.
Comment est-il mort ?
"Il s’est réfugié dans un petit bois qui est toujours dans le centre-bourg. On
sait qu’il a été abattu en tentant de s’échapper par le
mur du parc du château."
"Raviver la flamme"
Mais dans cette matinée à la douce lumière automnale, il
fallait un peu plus que ce récit incomplet. Alors, il reste les mots de
consolation écrits par Thierry Pellé, ceux de la mémoire retrouvée.
"La présence, la signification du sacrifice de ce
tirailleur oublié reprennent vie parmi nous. Et c’est à nous désormais,
habitants de la Bussière et citoyens de France, de raviver la flamme. […] Son
sang s’est mêlé à la terre de France, et cette terre s’en souvient. Nous
honorons aujourd’hui d’un salut fraternel ce fils du soleil venu mourir sous
nos chênes."
Et ceux, aussi, du poème Hosties noires de
Léopold Sédar Senghor, qui se termine par ses mots : "Recevez le
salut de vos camarades noirs, tirailleurs sénégalais morts pour la
République."
Celui du carré 13, tombe 62, n’est plus seul. Il a
retrouvé une famille, à La Bussière.
| La tombe du soldat inconnu de La Bussière. Son corps a été déplacé de La Bussière à la nécropole de Fleury-les-Aubrais en 1959. |
| La nécropole nationale de Fleury. |
| La nécropole rassemble 3.540 corps de soldats morts pour la France, dont de nombreux tirailleurs africains. |
| La commune a officiellement déposé une gerbe devant la tombe 62 du carré 13. |
Le soldat inconnu de La Bussière
Histoire. Sciences sociales 30 oct. 2025
L'association « Histoire et patrimoine »,
dans le cadre d'un partenariat avec la municipalité, organise une exposition
photo- graphique, « Les Tirailleurs de Loire », du 1er au
13 novembre à la salle polyvalente de La Bussière. Ce sera l'occasion d'honorer
la mémoire du soldat inconnu de La Bussière, en lien avec les célébrations de
la fin de la seconde Guerre mondiale.
« Il s'agit d'un événement majeur pour un
petit village comme le nôtre car l'exposition rayonnera sur le plan local et national,
tout en bénéficiant d'un large partenariat comprenant la municipalité, la
préfecture du Loiret ou encore l'office national des anciens combattants et des
victimes de guerre. Cet événement sera l'occasion, durant douze jours, de faire
écho à cet esprit de résistance », souligne Thierry Pellé, président d'histoire
et Patrimoine.
En juin 1940, dans un contexte qui, sur le plan
national, voit le front français céder devant la puissance des forces
mécanisées allemandes, des millions de civils sont poussés vers des ponts de
Loire. « L'armée française tente de créer une seconde ligne de front entre
Gien et Blois. À Gien, et dans la région, des combats meurtriers ont donc lieu
dans certains points de fixation. Le centre- ville de Gien est détruit lors de ces
événements entre 15 et le 20 juin. Des régiments dits coloniaux, et en
particulier ceux des tirailleurs sénégalais, se battent avec honneur et
bravoure aux côtés d'autres régiments d'infanterie classiques. Leur sort au-delà
des pertes au combat est partagé entre emprisonnement et exécutions sommaires à
caractère raciste », rappelle Thierry Pellé.
Le 17 juin 1940, un soldat français de ces
troupes coloniales, issu d'un régiment de tirailleurs sénégalais est mort pour
la France armes à la main à La Bussière, tué par l'ennemi dans le centre-bourg
du village. « Il avait participé à la bataille de Gien, comme beaucoup
d'autres. Dépouillé de sa plaque d'immatriculation par vengeance afin de
l'anonymiser, c'est donc un soldat inconnu. Une plaque souvenir honore sa
mémoire au monument aux Morts de La Bussière où il fut enterré, jusqu'en 1959.
Mais nous avions perdu sa trace. Notre association a retrouvé sa sépulture dans
une nécropole nationale et tenté de retracer son histoire », conclut le
président. Une gerbe sera déposée sur sa tombe par la municipalité, les anciens
combattants et l'association, prochainement.
Pratique. Exposition, « les Tirailleurs de
Loire », à la salle polyvalente de la Bussière, du 1er au 13
novembre prochains. Horaires : de 15 à 17 heures, en semaine ; de 14 à 18
heures, samedi et dimanche. Plus d'informations au 06.85.08.16.76
| L'affiche de l'exposition met en avant le soldat inconnu de La Bussière. |
Hommage d'un village du Cher à deux tirailleurs Sénégalais morts pour la France
| Evelyne Noirot devant le monument aux morts de Chavannes © Radio France - Alexandre Mottot |
Alexandre Mottot Publié le mardi 11 novembre 2025 à 9:20
Pour les 107 ans de l'armistice du 11 novembre mettant
fin à la 1re Guerre Mondiale, à Chavannes près de Châteauneuf dans le Cher, la
cérémonie rendra un hommage particulier à deux tirailleurs Sénégalais tués en
1940 pendant "la drôle de guerre"
Chavannes, Méry-sur-Cher ces villages rendent
hommage aux tirailleurs morts sur leurs terres, en tout en 1940, 40.000
tirailleurs étaient engagés dans les combats en métropole (pour 179.000
tirailleurs), ils étaient 31.000 en 1914. Le 29 juin 40 au sein d'une
troupe nombreuse en replis vers Montpellier, un groupe d'une quarantaine de
soldats croise une automitrailleuse allemande dans la cour d'une ferme à
Coudron. Deux tirailleurs sont alors tués et depuis leurs noms figurent
depuis au monument au Morts du village.
Evelyne Noirot, habite ce village, à 78 ans, cette
passionnée du Sénégal a tout fait pour que cet hommage spécial soit
rendu aux deux hommes, un inconnu et un autre du nom de Keita Mangué. Ces
deux tirailleurs sénégalais appartiennent à cette unité coloniale comprenant
plusieurs nationalités, une unité dont le rôle a été décisif lors des deux
conflits mondiaux."C'est assez rare que les Sénégalais soient sur le
monument aux morts, surtout pendant la guerre" précise Evelyne
Noirot. Jusqu'alors "on pensait que ces Sénégalais étaient
enterrés à droite de la porte du cimetière. Or, c'est pas c'est pas ça. Ils
sont enterrés à la nécropole de Saint-André. Je suis allée sur leurs
tombes." "
J'ai interrogé directement des vieux Sénégalais. Voilà,
ça m'a aidé et je cherchais d'où venait, chez ces Sénégalais, celui qui était
identifié. L'autre devait venir plutôt du Mali parce qu'il était en fait
rabattu de plusieurs pays pour aller ou embarquer par bateau." Pour
cette cérémonie prévue le 11 novembre, Evelyne participe tout
naturellement à l'hommage aux tirailleurs. "J'ai prévu de
faire faire deux bouquets pour ces Sénégalais portés par les enfants qui seront
là avec les rubans du Sénégal, au moins pour leur rendre un peu hommage en même
temps que l'hommage national. Parce que quand même, ces personnes là ont donné
leur vie pour nous quand même."
En plus des la cérémonie traditionnelle autour de l'équipe
municipale et des anciens combattants, un hommage particulier sera donc
rendu aux tirailleurs de Chavannes, surtout sous une forme pédagogique.
Jean-Pierre Delange est universitaire et adjoint du maire. Il a préparé un
texte de présentation. "Je crois que la plupart des gens qui vont venir
assister à cette cérémonie ignorent complètement ou complètement largement,
ignore ce qui est arrivé dans les circonstances qui ont été quand même
relativement brutale. On a ici des soldats qui ont été tués parce qu'ils
avaient la peau noire puisqu'ils sont arrivés au milieu d'une troupe d'une
quarantaine de soldats. Et les autres soldats ont en partie été emmenés en camp
de prisonniers et les autres pas inquiétés. Mais eux ont subi quasiment la mort
subite directement. On ne les a pas interrogés, on les a pas traînés en salle
d'interrogatoire, on ne les a pas emprisonnés, on les a directement tués parce
qu'ils étaient africains."
"On les a directement tués parce qu'ils étaient
africains."
Jean-Pierre Delange va donc rappeler les faits pour resituer
ce court hommage dans son épaisseur historique. "Rappeler les faits
et ces circonstances brutales, et puis rappeler aussi que finalement on a
cherché à savoir de qui il s'agissait. Et puis qu'elle avait été, qu'elle avait
élu la suite des événements après le après le meurtre de ce soldat, et donc
donner un peu d'informations de manière orale. Ce peut être un. Un petit petit
rappel historique où plus on en prend, on en parle quasiment jamais à chaque
cérémonie, bien que le nom, le nom ou en tout cas leur présence soit attestée
sur le monument. Sur le monument aux morts, on fait jamais grand cas de celui
de ces soldats." Le Maire Guy Moreau abonde dans ce sens, soucieux
de pérenniser l'hommage à ces soldats "venus de leur village
pour se faire tuer dans notre Berry". D'où l'importance de cette
cérémonie qui excédera le cadre strict des héros locaux de la Grande Guerre
pour faire prendre un peu la lumière à ces héros venus d'ailleurs.
Hommage
d'un village du Cher à deux tirailleurs Sénégalais morts pour la France - ICI
Près de Rouen, l'histoire retrouvée d'Insa Sira, tirailleur sénégalais,
mort pour la France en 1940
Le tirailleur sénégalais, Insa Sira a perdu la vie à
Belbeuf, le 9 juin 1940. Une plaque commémorative a été inaugurée ce 11
novembre pour lui rendre hommage.
| Le maire de Belbeuf, Jean-Guy Lecouteux et Jean-Louis Roussel lors de l’inaugururation de la plaque commémorative en l’honneur d’ Insa Sira. ©D.F. |
Publié le 23 nov. 2025 à 12h01 ; mis à jour le 23
nov. 2025 à 12h05
On savait qu’Insa Sira était enterré dans le
cimetière de Belbeuf grâce
aux travaux de recherche de Jean-Louis Roussel, professeur à l’Inspe (Institut
National Supérieur du Professorat et de l’Éducation) de l’Université de
Rouen Normandie. Il a coécrit avec Guillaume Lemaitre et Laurent
Martin, Crimes de guerre, 9 juin 1940. Il s’est intéressé aux
massacres racistes commis à Rouen par les Allemands pendant la Seconde
Guerre mondiale. Il a retrouvé la trace d’Insa Sira, tirailleur sénégalais,
abattu à Belbeuf le 9 juin 1940. Il a raconté son histoire, lors de la
cérémonie du 11-novembre.
Né en 1913 au Sénégal
Dans son discours, Jean-Louis Roussel a exposé qu’Insa Sira,
né en 1913 au Sénégal, a été mobilisé en septembre 1939 avec 180 000
hommes africains pour rejoindre l’armée française. Il a intégré le 6e régiment
d’artillerie coloniale et est arrivé à Bordeaux le 7 janvier 1940. Comme
lui, 40 000 Africains viendront se battre en France, 17 000 seront tués entre
mai et juin 1940.
Qu’est-il arrivé à Insa Sira ?
« Dans près de 60 villes en France, des crimes racistes ont
été commis par les Allemands. Insa Sira a probablement été affecté au 208e
régiment d’artillerie coloniale. Il était à Aumale le 5 mai 1940, le
lendemain, il se retrouvait face aux Allemands, la 7e Panzer
division de Rommel. Son régiment est alors pratiquement anéanti. Les rares
survivants passeront la Seine à Pont-de-l’Arche. Le 9 juin, alors que son
régiment est totalement perdu, il se retrouve seul à Belbeuf et est abattu par
les Allemands. Il avait 27 ans », raconte Jean-Louis Roussel.
Le maire de Belbeuf de l’époque a signé un acte d’État civil
daté du 23 septembre 1940 déclarant Insa Sira Mort pour la France. Le
problème, c’est qu’il a été enregistré sous le nom figurant sur la plaque qu’il
portait sur lui, Siné Saloum, qui était le nom de sa province de naissance.
D’autres cafouillages administratifs ont suivi, plus invraisemblables les uns
que les autres. Il n’a finalement retrouvé sa véritable identité qu’en 1956.
« Avec Laurent Martin, j’ai engagé, il y a cinq ans, des
recherches pour retrouver sa tombe. Celle-ci a disparu, encore une faute
administrative grave puisqu’il est reconnu Mort pour la France », poursuit
Jean-Louis Roussel. À l’époque, le maire avait inscrit que sa tombe était la
numéro une. Malheureusement, on ne l’a pas retrouvée dans le cimetière.
Une plaque pour lui rendre son nom et son histoire
Le maire de Belbeuf, Jean-Guy Lecouteux, avec le soutien du
Souvenir Français de Belbeuf, présidé par Jordan Legrand, a donc décidé de
rendre à Insa Sira son nom et son histoire, au moyen d’une plaque commémorative
en sa mémoire. « Par votre geste, Monsieur le Maire, vous contribuez à la
construction d’une histoire commune dans une société française marquée par la
diversité et qui, si elle veut avoir un avenir, ne doit rien oublier du passé
», a conclu Jean-Louis Roussel.
Pour qu’il ne soit plus jamais oublié, le nom d’Insa Sira,
Mort pour la France, a été gravé sur le monument aux morts.
Près
de Rouen, l'histoire retrouvée d'Insa Sira, tirailleur sénégalais, mort pour la
France en 1940
Bouzillé. Une commémoration poignante du 11-Novembre
Publié le 12/11/2025 à 10h34
| Bouzillé, cérémonie du 11 novembre - Daniel Hernandez |
Mardi 11 novembre avait lieu au monument aux Morts de
Bouzillé la cérémonie commémorative de l'armistice de la première guerre
mondiale. Marcel Réveillère, président de l'UNC, a déposé une gerbe en mémoire
des soldats qui ont péri lors de ce conflit qui fit 1,4 million de morts et 4
millions de blessés.
Lydie Pineau, maire déléguée (photo), a prononcé une
allocution en hommage aux héros des deux guerres. Des fusiliers marins bretons
aux tirailleurs sénégalais, à ceux tombés à Verdun et sur les plages de
Provence, des francs-tireurs, partisans et résistants du réseau Alliance, des
combattants venus d'Afrique, du Pacifique, des Amériques et d'Asie qui reposent
désormais dans le sol de France, sous les croissants, les étoiles, ou les croix
des carrés militaires.
L'élue a cité la définition du patriotisme donnée par Simone
Weil, philosophe et militante de la France libre : "Le sentiment
de tendresse poignante pour une chose belle, précieuse, fragile et
périssable."
À Bordeaux, l’association Mémoires et Partages honorera deux tirailleurs
d’origine africaine à l’occasion de la commémoration de l’armistice
| L’association organise chaque année un hommage aux tirailleurs morts et enterrés à Bordeaux lors de la Grande Guerre. Ici en 2022 au cimetière des Pins Francs. © Crédit photo : Claude Petit / SUD OUEST |
Par Sudouest.fr Publié le 06/11/2025 à 15h52.
L’association Mémoires et Partages, investie depuis plus
de vingt ans dans la reconnaissance de la traite des noirs et de l’esclavage à
Bordeaux, honorera la mémoire de deux tirailleurs sénégalais à l’occasion des
commémorations de l’armistice
À l’occasion des commémorations du 11 novembre,
l’association bordelaise Mémoires et Partages honorera la mémoire du tirailleur
Beckadou, abattu par deux habitants du bassin d’Arcachon au cours de la
Première Guerre mondiale. Arrivé au camp de Courneau pour y passer l’hiver aux
côtés de quelque 900 soldats africains enrôlés par l’armée française, il est le
seul à réussir à s’évader. Rattrapé, il est tué de plusieurs coups de fusils
par deux hommes acquittés par la justice en janvier 1917. Son histoire a été
mise en lumière par le bédéiste Thibault Rougès qui a signé le roman graphique
« Déraciné. Un tirailleur en fuite » en août dernier. Il sera au
cinéma l’Utopia le 11 novembre pour une discussion et une séance de
dédicace à 17 heures. Suivra la projection, à 20 heures, du film
réalisé par Omar Sy, « Tirailleur », sorti en salle pour la première
fois en 2022.
Dix ans après sa fondation, l’association qui fédère une
vingtaine de structures œuvrant au rayonnement des dynamiques africaines sera
dotée d’un lieu d’accueil pour les publics, rue du Mirail à Bordeaux, au cours
de l’été 2026
Charles N’Tchoréré, officier oublié
Ce mois de novembre sera également l’occasion de rappeler le
destin d’un autre tirailleur originaire du Gabon, officier de l’armée française
pendant la Seconde Guerre mondiale et passé par Bordeaux. Peu connu, Charles
N’Tchoréré sort major de l’école d’officiers de Fréjus et se porte volontaire
pour participer à la guerre en 1939. Il est affecté au camp de Souge à Bordeaux
et est envoyé sur le front de la Somme, où il est fait prisonnier. Il est
abattu à bout portant pour avoir revendiqué le droit d’être traité comme un
officier français. Le journaliste et écrivain camerounais Christian Éboulé,
spécialiste des questions africaines, lui a consacré un ouvrage, « Le
Testament de Charles ». Il sera au théâtre de La Lucarne samedi
15 novembre à 16 heures pour en discuter. Artistes et musiciens
organiseront un hommage en suivant (programme précis à venir).
ARMISTICE 2025 – LE TIRAILLEUR ÉVADÉ DU CAMP D’ARCACHON : DE BECKADOU A CHARLES N’TCHORÉRÉ
Dans le cadre de l’Armistice 2025, Mémoires & Partages
rend hommage à Beckadou l’unique tirailleur qui s’est évadé du Camp d’hivernage
du Courneau où 900 soldats africains sont morts lors de la 1ère guerre
mondiale.
LE TIRAILLEUR BECKADOU est rattrapé dans sa
fuite puis tué de plusieurs coups de fusils. Le procès d’assises de Janvier
1917 acquitte les deux habitants du Bassin d’Arcachon qui plaident la
« légitime défense ». Révélé par le roman graphique de Thibault
Rougès, l’histoire de Beckadou illustre le destin d’un homme face au système
colonialiste et raciste d’une époque où la vie des noirs comptait si peu.
En cette Armistice 2025, Mémoires & Partages revient sur
cette histoire en le reliant à un autre destin tout aussi tragique que peu
connu : celui de Charles N’Tchoréré, un des rares Tirailleurs africains
originaire du Gabon et officier de l’armée française.
Fils de notable, CHARLES N’TCHORÉRÉ sort
major de l’école d’officiers de Fréjus et est promu Capitaine en 1933. À la
déclaration de guerre en septembre 1939, il part avec un bataillon de
volontaires gabonais. Affecté au camp de Souge, près de Bordeaux, il est envoyé
sur le front de la Somme où il prend le commandement de la 7e compagnie
du 53e RICMS. Fait prisonnier, Charles N’Tchoréré est abattu à
bout portant pour avoir revendiqué le droit d’être traité en officier français.
AU PROGRAMME
En partenariat avec le Cinéma Utopia, la Librairie Krazy
Kat, Les Amis du Sahel, Les Avants Postes et l’association gabonaise Mwana
Diaspora
MARDI 11 NOVEMBRE – 20H – CINEMA UTOPIA :
PROJECTION-DEBAT DU FILM «TIRAILLEUR » de Omar Sy
Discussion avec Thibault Rougès, auteur du roman
graphique Déraciné (FamiliaR, 2025) qui raconte
l’histoire de l’Évadé du Camp du Courneau – En dédicace dès 17h dans la
Salle de la Cheminée du cinéma
SAMEDI 15 NOVEMBRE – 16H – THEATRE LA LUCARNE (3
Rue Beyssac, 33000 Bordeaux)
« Le Testament de Charles » avec Christian
Eboulé qui raconte l’héritage du capitaine Charles N’Tchoréré
Hommage artistique à Charles N’Tchoréré avec les
artistes et musiciens gabonais de Bordeaux (programme précis à venir…)
LUNDI 1 DÉCEMBRE A 12H – CÉRÉMONIE COMMÉMORATIVE DU
MASSACRE COLONIAL DE THIAROYE
Le 1er décembre 1944 des centaines de Tirailleurs Africains
sont tués par l’armée Française au Camp de Thiaroye (Sénégal). Le 1er décembre
2024, l’Etat français a reconnu ce « massacre ». En communion avec
l’Etat Sénégalais, Mémoires & Partages organise une cérémonie
commémorative.
Quais des Chartrons, devant la fresque en hommage aux Tirailleurs (sur la
promenade des quais à coté du Parc de jeux pour enfants, à hauteur du Cours de
la Martinique)
Sevenans : la commune honore la mémoire des tirailleurs et civils fusillés
À Sevenans, la cérémonie commémorative des fusillés du bois
de Sevenans a réuni élus, habitants et associations. Elle a été marquée par la
présence d’un jeune Sénégalais en tenue d’apparat des tirailleurs africains,
venu honorer la mémoire de ses ancêtres.
L'Est Républicain - 07 déc. 2025 à 19:07
| Cette édition a été marquée par la présence d’un jeune Sénégalais en tenue d’apparat des tirailleurs africains, venu honorer ses quatre ancêtres non identifiés. |
Dimanche 30 novembre, la cérémonie commémorative des
fusillés du bois de Sevenans s’est tenue dans le respect des traditions.
Organisée par le Souvenir Français et la commune de Sevenans, sous l’égide de
la maire Madame Morallet, elle...
Sevenans.
La commune honore la mémoire des tirailleurs et civils fusillés