Wednesday, October 28, 2020

Actualité Thiaroye octobre 2020

 Le député du Var Philippe Michel Kleisbauer est intervenu au sein de la Commission de Défense de l’Assemblée nationale le 10 octobre 2020. A la fin de son compte-rendu, il a parlé de Thiaroye : il a utilisé les termes de « massacre de Thiaroye ». Il a fait état de contact avec l’association Vigil Tricolore  au sujet de Thiaroye, et a ensuite invité des historiens, Pascal Blanchard, Armelle Mabon, Martin Mourre. Il a dit que la question des sépultures des morts de Thiaroye était « légitime », mais relevait de la souveraineté de l’Etat du Sénégal. La question des réparations est ouverte. Tous ces éléments figurent dans un rapport destiné à l’Assemblée nationale. D’après Armelle Mabon, qui a transmis l’information, le rapport devrait lui être transmis. A suivre donc.

Friday, September 25, 2020

LES DERNIERS TIRAILLEURS (documentaire sur France 5)

 L'AHTiS attire l'attention sur un programme de FRANCE 5, qui sera diffusé le dimanche 27 septembre à 22:40 

LES DERNIERS TIRAILLEURS

Documentaire (France - 2020)
Les derniers tirailleurs - 
Durant la chute de l'Empire colonial, comment les derniers tirailleurs d'origine guinéenne qui se battaient loyalement sous les couleurs tricolores finiront-ils rejetés à la fois par la France et la Guinée ? Après avoir été encensés durant les deux conflits, les tirailleurs sénégalais suscitent de plus en plus de méfiance : seront-ils fiables dans les conflits coloniaux ? Ils se battent cependant loyalement en Indochine et en Algérie et c'est la France qui, en 1960, à l'heure des indépendances ne sait plus quoi faire de ces soldats

Thursday, September 10, 2020

Une famille en quête de vérité et de justice - 76 ans après

Wednesday, August 26, 2020

Tollaincourt entretient la flamme de son résistant venu de Guinée


Nous signalons la parution d'un article sur Addi Bâ dans Libération du 17 août 2020.

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Thursday, July 09, 2020

JUIN 1940 COMBATS ET MASSACRES EN LYONNAIS - Parution

Nous signalons la parution d'un livre de Julien Fargettas aux éditions du poutan :

JUIN 1940 

COMBATS ET MASSACRES EN LYONNAIS 

Tarare - Pontcharra - Bully - L'Arbresle - Lentilly - Lissieu - Chasselay - Saint-Germain - Champagne - Lyon 


1940 - LA BATAILLE DE L'ARBRESLE Les combats d'Éveux, Fleurieux et Lentilly (revue Arborosa)


Nous signalons la parution du numéro hors série n° 10 de juin 2020 de la très intéressante revue Arborosa. Ce hors-série porte sur les combats dans la région nord de Lyon et dans la ville de l'Arbresle en juin 1940. Parmi les différents articles, figurent des témoignages d'habitants de la ville ainsi que plusieurs textes bien documentés  sur le 25e Régiment de Tirailleurs Sénégalais et sa place durant la bataille, un travail d'enquête mené par madame Patricia Maingard, qui est elle-même la petite-fille d'un lieutenant commandant la 5e Compagnie du 2e Bataillon du 25e RTS, Lucien Morice. Lucien Morice et les soldats qu'il encadrait furent parmi les survivants de ces combats.


Pour un avant-goût, avant commande :

La bataille de L’Arbresle et les combats d’Eveux, Fleurieux et Lentilly

L’Angleterre et la France déclarent la guerre à l’Allemagne début septembre 1939, suite à l’invasion de la Pologne par cette dernière. Les deux alliées ne sont pas prêtes à l’affrontement et ce n’est que le 10 mai 1940 que les hostilités commencent après l’invasion allemande des Pays Bas, de la Belgique et du Luxembourg. Les armées alliées vont cumuler les revers malgré des résistances ponctuelles héroiques. Les responsables militaires veulent, à mi juin, organiser une ligne de défense de Crépieux-la-Pape à Tarare pour ralentir l’avance germanique et éviter que l’armée des Alpes, qui a stoppé l’invasion italienne, soit prise en tenaille.

Le 17 juin, un fort contingent du deuxième bataillon du 25ème régiment des Tirailleurs Sénégalais s’installe dans L’Arbresle où il construit des barrages avec chicanes aux entrées du bourg mais afin d’éviter le massacre des habitants du centre historique, ils reçoivent l’ordre de transférer la défense au Cornu sur Fleurieux et au Champ d’Expérience aux Rompières sur Eveux qui dominent non seulement la ville mais tout le plateau du Beaujolais des Pierres Dorées.

Cinq cent SS de la Totenkopf arrivent, le 19 juin à 18h, à hauteur des Mollières à L’Arbresle après avoir traversé St Germain-sur-L’Arbresle. Ils essuient les premiers tirs et sont arrêtés net. Les allemands font appel à des renforts d’artillerie et d’infanterie et ce n’est que vers 21h qu’ils pénètrent dans l’Arbresle avec précaution. Des civils qui ne sont pas réfugiés dans les caves sont tués suite à des imprudences ou à des concours de circonstance malheureux.

Vers 21h30, ils atteignent la gare SNCF de la ville alors que les combats se poursuivent. Ils commencent à monter en direction des Rompières et d’Eveux . Les Tirailleurs reçoivent l’ordre de se replier vers 22h en direction de Fleurieux, Lentilly et Pollionnay mais un groupe de Sénégalais situé près de la ferme Vially qui n’a pas reçu l’information est encerclé et tient le poste jusqu’à la mort. La ferme de Jean Claude Vially est en feu et ce dernier est retrouvé allongé dans sa cave tué d’une balle dans la tête. Le lendemain matin, les combats se poursuivent à Bel-Air sur Fleurieux où une troupe de Trirailleurs Sénégalais, en provenance de Lozanne s’est fortifiée dans une maison inhabitée. Les allemands vers 9h font monter, au Poteau, des troupes de L’Arbresle et les combats durent jusqu’à 16h. Pendant ce temps là, ces derniers s’étendent à Lentilly où deux compagnies n’ont pas reçu l’ordre de repli au sud de Lyon. Elles se sont retranchées et affrontent l’ennemi. Les franco-sénégalais auront perdu : un soldat à l’Arbresle, treize à Eveux, huit à Fleurieux et dix sept à Lentilly. Ceux qui ont pu en réchapper, sans être capturés, se sont alors dirigés vers le Jarez mais c’est là une autre histoire évoquée également dans cet Arborosa par la petite fille d’un de ces officiers.

Une stèle, au bord de la Route Napoléon était érigée en 1944, en souvenir du sacrifice de ces soldats courageux ainsi qu’une autre à Lentilly.


Sunday, July 05, 2020

Une contribution d'Armelle Mabon sur Thiaroye

Contribution publiée par Armelle Mabon le 3 juillet 2020 sur son blog :

Le gouvernement français veut inciter les maires à donner aux rues des noms de soldats africains

Monday, June 29, 2020

Lorraine 1940 - Portraits de cinq tirailleurs

Etienne Guillermond, journaliste, qui a écrit le formidable livre sur Addi Bâ, tient un site internet sur Addi Bâ et les tirailleurs sénégalais, et une page Facebook.

A l’occasion des cérémonies programmées mi-juin à Bourmont pour commémorer les combats du 14e RTS où il devait intervenir, mais qui ont été ajournées, il a réalisé des vidéos sur cinq tirailleurs qui avaient participé aux combats de juin 1940.

Elles sont disponibles sur YouTube :

Lorraine 1940 - Cinq tirailleurs dans la bataille

Lorraine 1940 - Cinq tirailleurs dans la bataille /Samba CAMARA (1/5)

Lorraine 1940 - Cinq tirailleurs dans la bataille - Mamadou Hady BAH (2/5)

Lorraine 1940 - Cinq tirailleurs dans la bataille - Alfa Amadou SOW (3/5)

Lorraine 1940 - Cinq tirailleurs dans la bataille /Adama DJOUGAL (4/5)

Lorraine 1940 - Cinq tirailleurs dans la bataillle /Zana OUOLO SORO (5/5)


Juin 1940 : le massacre des « tirailleurs sénégalais » à Clamecy


Un article paru récemment :

Juin 1940 : le massacre des « tirailleurs sénégalais » à Clamecy

(France 3 Bourgogne Franche-Comté)


En 2013, l’Ahtis s’était rendu à Clamecy suite à la diffusion du documentaire de Mireille Hannon, voir reportage ci-dessous :

Compte-rendu voyage à Clamecy

 

En 2012, nous avons entendu parler d'un documentaire diffusé sur FR3, « les 43 tirailleurs » et fait la connaissance de sa réalisatrice Mireille Hanon. Notre bulletin n°6 a consacré une page à la présentation de cet excellent film documentaire.


Originaire de Clamecy dans la Nièvre, Mireille Hanon s'est interrogée sur une stèle installée dans cette commune et dédiée à quarante-trois tirailleurs sénégalais. Elle a cherché, à travers des documents officiels et des témoignages, à connaître leur histoire, intimement liée à celle de la commune puisque ces hommes y ont été massacrés par des soldats allemands lors de la débâcle de juin 1940.

Elle a réussi à retrouver le nom d'un grand nombre d'entre eux et a fait, avec le photographe Philippe Guionie, le voyage au Sénégal. Ils se sont rendus d'abord à Dakar et à Thiaroye pour y rencontrer des officiels, des enseignants et des artistes tous engagés dans la mémoire des tirailleurs; puis dans la famille des deux ressortissants de ce pays. Ainsi à travers les photos de leurs descendants et les récits de ceux qui les avaient connus ou avaient entendu parler d'eux dans les villages de Sakh et Diéwol, la cinéaste fait vivre le souvenir de ces soldats.

 

Après une première projection du film à Clamecy en 2011 plusieurs initiatives ont été menées par des habitants de la ville et de la région. Ainsi en juin 2012 s’est tenu au Musée de la Résistance de Saint-Brisson un colloque sur « les massacres racistes de l’armée allemande ». La dynamique s’est poursuivie à Clamecy en 2012 et 2013 sur le thème de la « mémoire partagée ». En novembre a été posée une plaque portant les noms de 32 des tirailleurs assassinés en juin 1940, identifiés grâce au travail d’enquête mené dans le cadre du film « Les 43 tirailleurs » ; cette plaque se trouve à côté de la stèle commémorant la mémoire de ces soldats. Toujours en novembre, le film Camp de Thiaroye d’Ousmane Sembene a été projeté dans un cinéma de la ville ; à la librairie Le Millefeuille, des lectrices de Clamecy ont présenté des lectures publiques du roman de Didier Daeninckx, Galadio, en présence de l’auteur (le héros de ce roman est le fils d’une Allemande et d’un tirailleur sénégalais qui a participé à l’occupation de la Ruhr en 1923). Deux expositions ont été présentées au Musée d’Art et d’histoire Romain Rolland : tout d’abord l’exposition la Force Noire, réalisée par l’Office national des Anciens Combattants, qui retrace l’histoire des régiments de tirailleurs sénégalais ; ensuite une série de très beaux portraits d’anciens combattants africains réalisée par le photographe Philippe Guionie[1].

Parallèlement, au Sénégal, le film « Les 43 tirailleurs » fut présenté à Dakar en décembre 2012, ainsi que dans les villages de Sakh et Diéwol. Des rencontres et débats ont eu lieu au lycée de Thiaroye avec des lycéens et un professeur d’histoire, Samba Diop, qui a beaucoup travaillé sur le massacre de Thiaroye.

Tout ceci témoigne d’un véritable travail de mémoire et d’histoire partagées. Nous n’avions pas pu nous rendre à Clamecy en novembre 2012, et c’est fin mai 2013 que notre petite délégation de l'AHTIS a effectué le voyage depuis Paris.

Nous avons été accueillis par Madame Boisorieux, maire de la commune, une adjointe de la conservatrice du musée Romain Rolland, une des libraires du « Millefeuille » et Mireille Hanon bien sûr.

Nous avons pu visiter les expositions ; nous avons également vu et photographié la stèle consacrée aux 43 tirailleurs, et la nouvelle plaque posée en 2012. Nous avons pu également photographier la tombe d’un tirailleur qui avait pu s'échapper avant d'être rattrapé et exécuté. Il fut enterré dans une commune voisine, et il est à remarquer que sur sa tombe c’est l’inscription « soldat français », qui a été gravée.

 

Jolie petite ville d’environ 4000 habitants, Clamecy garde quelques activités industrielles et est devenue un refuge des Parisiens le week-end. La ville a pris à cœur ce pan de son histoire et s'inscrit dans la même démarche que Chasselay, Airaines, Cressonsacq ou Erquinvillers qui n'ont pas voulu oublier ces hommes venus défendre la France. Il importe de savoir que la Nièvre, comme d’autres départements voisins, a été durant la période de l’occupation allemande de 1940 à 1944 un foyer important de résistance, et que ce sont des résistants de Clamecy qui décidèrent de commémorer la date du 11 novembre durant les années d’occupation, devant la tombe où étaient ensevelis les tirailleurs assassinés en juin 1940.

 

V. Leduc et F. Croset

 

Annexe : notes de lecture de l’ouvrage de Philippe Guionie et Gaston Kelman, Anciens combattants africains, éd. Les Imaginayres, 2006.

Ce livre vaut la peine d’être lu et acquis. C’est un livre de photographies, constitué de portraits d’anciens combattants originaires du Sénégal, de Guinée, du Burkina, du Bénin, et de photographies de différents lieux, en Afrique et en France, liés à leur histoire. Cette œuvre artistique nous fait un peu plus connaître ces hommes et leur vie, chacun. Le travail du photographe est nommé par lui-même comme une « quête mémorielle » ; l’artiste ajoute qu’il « devient passeur de mémoire ». Et c’est avec un grand intérêt que nous relevons cette phrase à la fin de l’ouvrage : « les tirailleurs africains sont, pour quelques années encore, nos contemporains. Ils vivent quelque part dans la brousse ou le bled, le quartier ou le foyer ».