Les descendants des Tirailleurs oubliés s'engagent pour la vérité historique
L’Association des descendants des Tirailleurs sénégalais oubliés (Adtso) a tenu, le mardi 17 février 2026, à Péthie Makha (Fatick), la deuxième édition des Journées mémorielles africaines des peuples (Jmp). L’objectif est de recenser tous les tirailleurs.
El hadji Fodé SARR (Correspondant) - 19 févr. 2026
FATICK - Honorer les tirailleurs sénégalais oubliés et restituer la vraie histoire. Tel est l’objectif principal de l'Association des descendants des Tirailleurs sénégalais oubliés (Adtso). La structure, dirigée par Blaise Diouf, a bouclé, le mardi 17 février, deux jours d'activités dans le cadre de la deuxième édition des Journées mémorielles africaines des peuples (Jmp). L'évènement s'est tenu à Péthie Makha, un hameau du village de Bacobof, dans la commune de Tattaguine (Fatick). La journée a été l'occasion de battre en brèche les récits falsifiés sur le passé africain, notamment sur ces vaillants soldats qui ont activement participé à la libération de la France lors des deux guerres mondiales. À cette occasion, le président de l’Adtso a rappelé leur ambition de recenser tous les tirailleurs de la zone. L’objectif est de mettre la lumière sur les zones d'ombre de la vie de ces guerriers qui ont pris les armes et dont beaucoup ont été libérés sans aucune rémunération.
Pour M. Diouf, cette initiative permettra de maîtriser la bonne histoire et de la garder précieusement. «Il reste encore des témoins dans la localité. C'est pourquoi nous devons en profiter pour avoir de bonnes informations. Nous avons décidé de sillonner les familles des tirailleurs en faisant des interviews», a-t-il expliqué. À l'en croire, une quarantaine de tirailleurs sont, pour le moment, recensés dans la localité. Alors que les témoignages font état d'au moins 4000 tirailleurs dans le Sine, d'une manière générale.
Le colonel Saliou Ngom, directeur des Archives et du Patrimoine historique des Forces armées, a révélé que les archives relatives au massacre de Thiaroye et remises au Sénégal en 2014 par la France étaient «de faux documents». «Depuis le massacre de Thiaroye, en 1944, la France essaie d'effacer la vraie histoire», s’est-il désolé, appelant à une conscience collective pour faire jaillir la lumière. «Nous sommes à une période charnière où tout Sénégalais ou Africain doit combattre, pour que la vérité historique soit révélée. Cela passe par les fouilles archéologiques. Nous devons écrire pour avoir un narratif sénégalais et africain», a-t-il déclaré.
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